SECRET SIBYLLIN

SECRET SIBYLLIN
Méditation, je me souviens encore de ces noyaux d'abricot
Que l'on rapait sur les vieux murs pour en faire des sifflets
L'énergie d'un tel souvenir porte en moi ce silence, réservé
Latent, au plus profond de mon enfance, naissance d'ado

Mystérieux, sibyllin cet instant préféré que l'on garde caché
Hermétique comme une propriété privée, intime impénétrable
Brides de mémoires cotonnées au fil des années, faits notables
Toute la noblesse des mots, ne pourrait témoigner ces clichés

J'ai prié ma foi, et demandé ce sucre qui adouci la peine
Là, au fond du coeur naissent des pleurs, des bouts de vie
Larmes petites larmes qui coulent et arment la mélancolie
Les mains jointes, avec Dieu, j'ai voulu éffacer ce flegme

Hélas, rien n'y fît, le morose est bien plus fort que le rieur
Et je reste là les bras tombés, l'air moins hagard que coi
Ce souvenir qui est le mien, restera-t-il toujours un leurre
Que je puisse, serein, espérer m'accompagner pas à pas
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# Posté le mardi 06 décembre 2005 12:20
Modifié le vendredi 22 juin 2007 09:41

CHRYSALIDE ET MAUVE

CHRYSALIDE ET MAUVE
Subtratum, ici la violence tombe en ruine
Par ce galbé charmeur, qui incrimine mon regard
Cachée derrière un tulle noir et de dentelles fines
La transparence renflée, soignée, me laisse pantois

Ethique amputée et tronquée, quelle importance
Je me surprends à l'aimer pour sa seule beauté
Et si de mes yeux ensorcelés, je prise l'élégance
Aguiché et fasciné, sur place, je reste émerveillé

Comme un petit coin d'herbe avec des oiseaux tout près
Serein, je la contemple, grassouillette d'or et d'amour
Elle transcende d'émoi ce qui n'est que prosaïques pensées
Quel fou se contenterai d'un jardin aux allées si courtes

Elle a sa façon a elle de regarder ses ongles, baisser la tête
Une absence, une obscurité qui éteint le reflet de ses yeux
Une sorte de tanière, de refuge, nid de ses pensées secrètes
Sa bouche restée en suspend sur un demi-sourire, m'émeu

Le coeur fredonne et déploie un bouquet de bien_être, d'amour
Pas d'innocence, à petits pas, pas incertains, petits pas de loup
Doucement, je dépose un doigt sur le pétale de ses lèvres rouges
Baiser digital, humble marque de désir, de tendresse, de velours

Caresses, effusions d'amants, effleurements intimes
Chute incontestée de voiles et dentelles façon arazzi
Je me tiens, ni trop près, ni trop loin, là en vis à vis
Le miel et le lait de sa peau dévoilée m'attendrissent

Chassée de haine, chassée de peine, trouvée la douceur
Transi, je demeure immobilisé sur le parvis de son corps
Dieu! Je m'en réfère, est-ce un cas de force majeur
Ou tout simplement l'assassinat des images du malheur

Aux pépiements d'alouettes, éveil à l'ouverture de l'aube
Se fond, innée, une flèche de lumière, composition d'ode
Et de couleur, à la manière d'Anacréon, et confectionne
Sa superbe silhouette en poupée de saxe aux cheveux d'or

Humble et fat dans son maintien, je ne puis qu'approcher
Encore plus près, encore plus près, et plus près à la toucher

Soif d'elle, je bois sa beauté, son amour, et me chrysalide
Petit papillon aux iles courtes, je m'abandonne, me chenille
Et me vêt de son étoffe aux candeurs et fièvres de malacées
Roulent et roulent encore nos corps à corps à corps entrelacés

Il n'est de plus beau rêve que ce moment de latitude féminine
Et que Dieu me pardonne si je fusionne en son âme libertine
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# Posté le dimanche 11 décembre 2005 10:21
Modifié le vendredi 22 juin 2007 09:42

INSTANTANE

INSTANTANE
Comme pour prendre du repos, elle a déposé son profil
Sur le velours de mon torse, le coeur brouillé de larmes
Lentement, le dos de ma main, fripé, caresse ce visage
Au souffle coupé, où de ses lèvres, murmurant un répit
Une offrande innocente alloue un voyage au pays absolu
De l'impur, de l'abject, agréable sensation de tendresses
Quel bigot pourra affirmer de cette puissance inconnue
Que même le plus vil, accepte sans recours à la detresse

Dieu!

De ce monde ingénu où l'amour fût ton désir
N'est-il pas un échec, ou peut-être bien pire
Le maraud se fourvoie de pensées libertines
Le fallacieux damne ce que tu as voulu plaisir

Par dessus ces pensées, hostiles à mon confort
Je l'ai serrée dans mes bras, encore plus fort
Encore plus fort, ne fut-ce là, une mise a mort
Du mépris, du dédain, du salace, des horreurs
# Posté le dimanche 11 décembre 2005 10:42
Modifié le mercredi 27 juin 2007 05:20

GUERRE EN PAIX

GUERRE EN PAIX
Entendez vous glapir, l'ire effrénée qui vous courrouce
Avec ses mots malheureux qui écorchent, qui avilissent
Si la colère portait un autre nom, serait-elle plus douce
Dans ses répliques, porteuses de sabres, telle une ennemie

Serait-elle plus douce et plus noble dans son engouement
A toujours lacérer de sa lame aiguisée plus profond encore
Et encore dans la plaie de la discorde et du déchirement
Bien malin saurait parer toute la dissention par la douceur

Douceur, coton du mal en soi, mouchoir des pleurs, hamac
Rémission qui apaise et délivre tout l'amour de l'indigne
Douceur, nid ouaté, donneuse de chaleur, confort de l'âme
Douceur qui cicatrise toute cette démence presque légitime

Des averses, des bourrasques, tous les temps sont dans le ton
Laissent des traces d'escagots et des maux qui font traces
Des amours, bien souvent, où la guerre s'immisce sans raison
Repentance à mon dieu, ni rancoeur, ni dégoùt, qu'une grâce

En cette vie finissant, là, entre mon coeur et mon âme
Pour l'avant, pour l'après, l'éternité, je me prie d'oublier
Pour le temps qui s'éloigne, puisque présent je ne serai
Je me souviendrai de vous, l'amour,porteuse de charme
# Posté le dimanche 11 décembre 2005 13:00
Modifié le vendredi 22 juin 2007 06:04

SOUS LE PARAVENT DE MON COEUR

SOUS LE PARAVENT DE MON COEUR
L'attente me rend fou, je touche à la finitude
Je piète, j'erre à deux pattes dans cette terre
Terre mouillée de souvenances et d'amertumes
Et puis je scute l'ombre, les yeux bien ouverts
Ombre qui ondule dans le rai d'un clair de lune
Ombre diaphane qui s'éclipse et devient mystère

Etre ailleurs commence à sourdre dans mes veines
Un hardi, un imprévu, une envie de devenir moi aussi
Un bien-être, une sensation d'amour, pas de haine
Une autre image enluminée de soleil, de vert et de vie
Image magique, inopinée, tannée comme un poème
Un sentiment torride de bonne foi, d'aime-moi aussi

Sans faute, ni salissures, for de l'amour il y a nos corps
Qui se souviennent du jour, de la nuit et de la chaleur
Oh!Ma mie, est-ce un au secours empli de ferveur.
Qui se glisse et s'immisce, là au fond de mon coeur
Que je ne puis clamer peine, bâillonné par les heurts
Bâillonné par mes pleurs, fond defaillant à l'intérieur

Intérieur defaillant, encalminé par la touffeur des maux
Puis-je au moins prétendre à la délivrance de cet asile
L'esprit libertin je me transporte alors dans un royaume
Où la vie ne ressemble pas à un cimetière de conflits
Où le temps empreint de candeur peint de paix son icône
Où le temps immaculé d'amour enfin nous aura réuni
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# Posté le dimanche 11 décembre 2005 14:01
Modifié le vendredi 22 juin 2007 11:08