BIENFAITS DU CREPUSCULES

BIENFAITS DU CREPUSCULES
A l'entrée de quelque chose qui bascule, qui s'avance
Au crépuscule, quand le sombre démasque le céleste
Une sorte de lumière pauvre apparaît, presqu'aveuglante
Qui candi la gravité de l'amour en sa grâce naturelle

Elle met un ordre différent dans le convenu des usages
Engloutit l'absurde et apporte la vision d'un autre univers
Et même s'il reste les ruines d'une journée un peu naufrage
Elle cloue l'inepte afistolé par les ruses d'un diable pervers

Fragilité tenace de l'espèce humaine, once de répit, détente
Once de bonheur qui ressemble à un germe de vie, indolence
Oubli de ce qui a été, peu-être tellement dur, relâchement
Qui s'élance lourdement avant d'atteindre sa vraie clémence

A l'intérieur de cette taie essentielle, qui enveloppe et étreint
En ce doux manteau velouté d'amour, de bien-être, d'attention
Une chaleur riche de trêve, une rémission jusqu'au petit matin
Un bain de jouvence qui redonne à la vie, charme et séduction
# Posté le jeudi 01 décembre 2005 12:16
Modifié le vendredi 22 juin 2007 06:04

LE PAPY D'A COTE

LE PAPY D'A COTE
L'homme vivait seul au fond de la rue,
Dans une maisonnette très peu vitrée
De quoi crever de froid l'hiver, reclus
Et secher sur pied en juillet, cloisonné

Un homme à qui les drames galopaient
Ressassaient sans cesse dans une mémoire
Pleine de citations et de visages disputés
Un homme avili et bloqué dans son histoire

Il ne finissait jamais de revivre ses récits
Et de faire le procès contre cette société
Marbrée de sang, qui dirigeait les fusils
Contre ces fils de la révolte et du regret

Ces eternels gavroches affamés et tristes
Qu'il avait vus alignés, là, à même la terre
Pas d'autres morts que ceux là, aphorisme
Pieds et poings liés, attachés à la guerre

Une misère restée au fond des fossés de sable
Une misère, essence d'une fiasque de sang noir
Une fiasque de vin, bon marché mais collutoire
Oubli, qu'il va quérir au fond de son armoire

Le papy d'a côté
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# Posté le samedi 03 décembre 2005 07:48
Modifié le vendredi 22 juin 2007 10:55

LA TETE DANS LE CREUX DE MES MAINS

LA TETE DANS LE CREUX DE MES MAINS
Une voix résonne dans le vide, c'est le drame
Sans verbe et sans cri, toute fourrée d'amour
Voix métale, éloquente, for pleine de charme
Qui m'émeut par sa beauté, par son velours

Dans mes parodies de joie, de bonne vie
Ces sourires et ces éclats de bonne foi
Manquent et me jettent dans des rêveries
Et des souvenirs qui me laissent pantois

Confidences, là, une petite ride s'est dessinée
Ridule ridicule, qui vieilli la peau de mon âme
Combien de temps, combien d'années ont passées
Les affres des ans se fondent en illusion diaphane

Puis j'ai posé ma vie dans la paume de mes mains
Et trempé la plume dans l'empreinte de mes pas
Pour griffonné mes pleurs encrés sur alexandrins
Instant intime, l'émail du temps ne s'écaille pas

S'il reste quelque chose de la fragilité de la flamme
Une once de bon sens ressemblant à un germe de vie
S'il reste les ruines d'un coeur desséché, la mémoire
Comme une lumière aveuglante fait luire le souvenir

Avec quelles fougues lutter, personne n'est en mesure
De s'insurger contre cette façon naturelle, inéluctable
C'est un ordre différent dans le convenu des habitudes
Pas de prières pour s'asseoir à son aise dans cette étape
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# Posté le samedi 03 décembre 2005 11:50
Modifié le vendredi 22 juin 2007 09:44

BAPTEME

BAPTEME
Mesdames, messieurs, à force de clamer et de galoper par le monde
L'invite, imprimée dans les profondeurs de mon coeur écrin d'affection
Parcheminé par les années donneuses de conseils et de fausses sagesses
Nous à réunis autour de cette table stérile d'argenterie et de richesses
Mais garnie de bon pain et de bon vin, d'amitié, sels de la vraie vie

Dans l'observance des règles absolues, ce partage façon cérémonie
Pétri de bonnes intentions, engage à lever notre verre et trinquer
Style révérence envers ce petit bout de chou, si mignon à croquer

Par Dieu et ce rituel, que le soleil soit brillance dans son avenir
Autant que la lumière que je vois dans ses yeux, livre à découvrir
Autant que le sucre de ses levres qui rend son sourire si pétillant

Retenus à ce dîner, arrosé de vin noir accompagné de sauce piquante
Pour Tylan, encore candide à la vérité vraie de la vie, tous ensemble
Trinquons en son honneur et Dieu fasse que la soirée soit charmante
# Posté le samedi 03 décembre 2005 12:03
Modifié le vendredi 22 juin 2007 10:45

COMME VOUS

COMME VOUS
Aujourd'hui, un beau bizarre, je me sens un peu usé
Et même si le mensonge cache bien parfois la vérité
Par-dedans moi-même, de ces fameux brins d'éternité
Qui rabotent la barrière du temps en infinis copeaux
Et denouent le cordon pour offrir la mort en cadeau
Je sais bien que c'est un moment, sans cris d'oiseaux

Générosité du seigneur qui ne touche que les vivants
Le présent se dévide, nous sommes tous sans défense

Comme vous, au fond de moi, je geins, tel un enfant
Un enfant qui se trouvait bien là, à faire semblant
A jouer ou a mimer ce que sont devenus les grands
Comme vous au fond de moi je mendie, tel un errant
Un errant pleins de larmes d'au secours, de doléance
A briguer pieusement, "s'il te plait encore un instant"
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# Posté le mardi 06 décembre 2005 12:08
Modifié le vendredi 22 juin 2007 10:49